En transition
Gare de Lyon Part Dieu, Vendredi 21H.
Je traverse le parvis de la gare, atmosphère douce d’un soir d’été, personne ne court. Il fait bon, il n’y a pas d’air. Les gens sont détendus, presque souriants. Normal, le week-end approche et on est à Lyon...
… et je me retrouve une fois de plus à traverser le parvis de la gare.
Les quais s’enchaînent les uns après les autres, Amsterdam,
Sommes toutes en attente d’une nouvelle vie. A peine arrivée à Lyon que déjà je prépare mon retour. Retour sur Paris, stage sur Paris, ou peut être ailleurs. Où me mèneront mes pas ? je ne le sais. Je me sens confiante et prête à partir pour une nouvelle aventure de six mois. La page d’Amsterdam est tournée pour de bon, et mon dernier séjour pour Queen’s day y a contribué. Si demain j’ai l’opportunité de partir à Singapour, je pars. Si demain on m’offre un stage intéressant sur Paris, je reste et me pose pour six mois, si je ne trouve rien, je me trouve un job de serveuse dans un pub comme le Frog’s de Bercy Village et prends des vacances. Flexibilité totale, six mois pour vivre la nouveauté ou le renouveau à Paris.
D’un côté j’aspire à me poser, me retrouver chez moi, retrouver mes proches, mes amis, prendre le temps de vivre quelques mois sans avoir à tout recréer, de vivre enfin Paris, d’un autre j’aspire à partir, revivre une aventure telle que celle de
Les Pays-Bas : La page a été difficile à tourner. Dur d’abandonner du jour au lendemain tout ce qui constituait ma vie là-bas, mon quotidien. Juste mon appart, mon job, mon vélo, mes habitudes, mon mode de vie, mes dimanche après-midi photos sur la plage, mes collègues, et toutes ces personnes qui ont compté pour moi, auxquelles je me suis attachée, nos week-ends, nos ballades et retours en night trains, visites de musées, de bars, de pubs, de boites, de villes nouvelles, terrasses de café sur les canaux aux prémices du printemps, matchs de rugby du dimanche après-midi au Mulligan’s, after champagne chez Florian ou fondue chocolat chez Guillaume, soirées girly chez Claire … sommes toutes, tous ces bouts de vie partagés avec eux, et toutes ces promesses d’éternité. Là-bas, rien ne change, mais je n’y suis plus.
Déchirure, pourquoi faut-il tout quitter quand on a enfin l’impression de trouver un équilibre ?
Les choses ne sont pas immuables, et cette impression de bien-être, cet état d’esprit qui m’a amené à en profiter le plus possible était certainement lié à la temporalité de mon séjour. Quand on sait qu’on va rentrer prochainement, on voit les choses différemment.
Retour sur Lyon, choc des habitudes face à une promo dont 95% était rentré trois mois auparavant. Tous étaient de nouveau rentrés dans la bulle EM, avaient retrouvé leur conformisme de pensée EM, ils « vivaient l’esprit EM »… ça fait rêver. La tête à Amsterdam, mais physiquement à Lyon, une courte semaine d’adaptation me fut nécessaire pour accepter ce changement.
Jusqu’à ce que je réalise finalement qu’à continuer ainsi, à vivre dans mes souvenirs, à comparer constamment des environnements incomparables, je ne me serai pas installée à Lyon qu’il serait déjà l’heure de déménager à nouveau pour Paris.
Or ce que je redoutais et refusais est finalement arrivé par la force des choses. J’ai ‘pris tout ce qu’il y avait de positif à prendre’, profité deux week-ends de Lyon, des quais de Saône et du retour du soleil, d’une journée de ski aux Deux-Alpes, des retours de soirées à vélo par les rues piétonnes du centre, du marché du quai Saint-Antoine, ses étalages de légumes colorés, le parfum des fraises, des saucissons, des carottes même, des épices, des fleurs et des poulets rôtis, l’atmosphère détendue qui y règne le dimanche matin quand le reflet du soleil sur l’eau illumine les quais, majestueusement dominés par la basilique de Fourvière, pareille au château de
Je suis tout le temps en transit, entre Lyon et ailleurs : entretiens à Düsseldorf, queen’s day à Amsterdam, élections à Paris, entretiens à Paris pour les deux week-ends à venir … Des semaines de trois jours – mercredi / vendredi – dus aux ponts du mois de mai - je ne m’en plains pas ; c’est un nouveau mode de vie qui correspond bien à la période de transition que je vis en ce moment, entre mon précédent stage et celui qui arrive. Il me reste moins d’un mois à Lyon…
Mais je suis confiante. Prête à rester à Paris ou à partir s’il le faut. Je me suis libérée de cette nostalgie qui me rattachait à mon expérience aux Pays Bas. Petit à petit, j’apprends à partir, encore et toujours, je gagne en capacité d’adaptation. Sur les deux ans à venir, je ne passerai certainement pas plus de six mois dans la même ville.
Mais, en ce moment, je ne souffre pas de ce manque de visibilité, de ne pas savoir où je serai dans un mois.
J’attends, dans une attitude active et positive que les choses se décantent.
Aujourd’hui, je suis confiante et sereine.